TL;DR : Ce qu’il faut retenir
Le système fiscal français accorde d’importants allégements pour compenser financièrement la perte d’autonomie et le handicap. En 2026, la détention de la Carte Mobilité Inclusion (CMI) mention « Invalidité » est la clé de voûte pour débloquer ces droits. Elle donne droit à une demi-part supplémentaire pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Côté impôts locaux, l’exonération totale de la Taxe Foncière est possible sous conditions de ressources. Enfin, les aidants peuvent bénéficier du crédit d’impôt pour l’emploi à domicile ou déduire les frais d’hébergement s’ils accueillent leur proche.
L’impôt sur le revenu : La demi-part supplémentaire
C’est l’un des avantages les plus connus mais qui nécessite de cocher la bonne case sur votre déclaration fiscale.
Qui y a droit ?
Vous (ou votre conjoint) avez droit à une demi-part supplémentaire (soit 1,5 part pour un célibataire, ou 2,5 parts pour un couple sans enfant) si vous êtes titulaire de l’un des documents suivants :
- La Carte Mobilité Inclusion (CMI) portant la mention « Invalidité » (invalidité ≥ 80 %). Attention, la CMI « Priorité » ou « Stationnement » ne donne pas droit à cet avantage fiscal.
- Une pension d’invalidité militaire ou pour accident du travail (d’au moins 40 %).
Cet avantage permet de faire baisser mécaniquement le montant de votre impôt sur le revenu, car il divise vos revenus sur un plus grand nombre de parts.
Les impôts locaux : Exonération de la Taxe Foncière
Si la taxe d’habitation sur les résidences principales a disparu, la Taxe Foncière pèse encore lourdement sur les propriétaires. Une exonération totale est possible pour les personnes vulnérables.
Les conditions en 2026
Vous pouvez être exonéré totalement de la taxe foncière pour votre résidence principale si vous remplissez simultanément ces deux conditions :
- Votre situation : Être bénéficiaire de l’ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), de l’ASI (Allocation Supplémentaire d’Invalidité), de l’AAH (Allocation aux Adultes Handicapés), OU être âgé de plus de 75 ans.
- Vos ressources : Votre Revenu Fiscal de Référence (RFR) de l’année précédente ne doit pas dépasser un certain plafond (en 2026, ce plafond est fixé aux alentours de 12 455 € pour la première part de quotient familial).
Bon à savoir : Si vous avez plus de 65 ans mais moins de 75 ans, et que vous respectez le plafond de ressources, vous avez droit à un abattement forfaitaire (réduction) de 100 € sur la taxe foncière.
Le crédit d’impôt : Emploi à domicile et travaux
Le maintien à domicile génère des frais. L’État compense une partie de ces dépenses via le mécanisme du crédit d’impôt (qui donne lieu à un remboursement par le fisc si vous ne payez pas d’impôt).
- L’emploi d’un salarié à domicile : Vous bénéficiez d’un crédit d’impôt de 50 % des sommes versées (salaires + cotisations), après déduction des aides reçues (comme l’APA ou la PCH). Le plafond annuel des dépenses éligibles est majoré à 20 000 € (au lieu de 12 000 €) si vous êtes titulaire d’une CMI Invalidité.
- Les travaux d’accessibilité (Crédit d’impôt équipement) : Si vous installez des équipements spécifiques (monte-escalier, bac de douche extra-plat), vous pouvez bénéficier, sous certaines conditions strictes, d’un crédit d’impôt de 25 %. (Attention, ce dispositif s’articule aujourd’hui avec MaPrimeAdapt’).
Pour les aidants : Héberger un proche
Si vous accueillez sous votre toit un parent ou un proche dépendant, vous pouvez bénéficier d’avantages fiscaux :
- Rattachement au foyer fiscal : Vous pouvez rattacher une personne titulaire de la CMI Invalidité à votre foyer fiscal (même s’il ne s’agit pas de votre enfant). Vous bénéficierez alors d’une part supplémentaire (au lieu d’une demi-part pour un enfant valide).
- Déduction des frais d’accueil : Si vous ne rattachez pas la personne à votre foyer, mais que vous l’accueillez (âgée de plus de 75 ans) et qu’elle a de faibles ressources, vous pouvez déduire de vos revenus les frais d’accueil (nourriture, logement) sans avoir à fournir de justificatifs, dans la limite d’un plafond annuel fixé à 3 968 € en 2026.
Foire Aux Questions (FAQ)
Dois-je déclarer l’AAH ou la PCH aux impôts ?
Non. Les aides sociales liées au handicap et à la dépendance, telles que l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), ou l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) sont totalement exonérées d’impôt sur le revenu. Vous n’avez pas à les inscrire sur votre déclaration.
Je paie l’EHPAD pour mon parent, puis-je déduire ces frais ?
Oui. Si votre parent n’a pas les ressources suffisantes pour payer son EHPAD et que vous l’aidez financièrement au titre de « l’obligation alimentaire », vous pouvez déduire ces sommes de vos impôts en tant que pension alimentaire (à condition de pouvoir les justifier en cas de contrôle).
Ma mère est en EHPAD, bénéficie-t-elle d’une réduction d’impôt ?
Oui. Les résidents en EHPAD ou en USLD bénéficient d’une réduction d’impôt égale à 25 % des dépenses liées à la dépendance et à l’hébergement (après déduction de l’APA), dans la limite de 10 000 € par an (soit une réduction maximale de 2 500 € par an).
Est-ce que je perds l’exonération de taxe foncière si mon enfant vient revivre chez moi ?
Cela dépend. L’exonération de la taxe foncière est conditionnée par les revenus de toutes les personnes vivant sous le même toit. Si votre enfant a des revenus supérieurs aux plafonds de ressources autorisés, vous risquez de perdre cette exonération.
Comment obtenir la demi-part supplémentaire ?
Il suffit de cocher la case P (ou la case F) dans la section « Situation du foyer fiscal » de votre déclaration de revenus (formulaire 2042). Gardez précieusement une copie de votre CMI Invalidité, l’administration fiscale pourra vous la demander comme justificatif.
Dernière mise à jour : 20 Juin 2026.
Sources : Service-Public.fr, Direction Générale des Finances Publiques (impots.gouv.fr).
